Je suis là à écouter ce morceau de Miles Davis passer au dessus de ma tête, m'envelopper dans cet atmosphère teintée d'émotions, des émotions puissantes, je regarde par la fenêtre, la rue éclairée par ce réverbere, le silence tout au moins le son de la ville au loin... Un passant marche les mains dans les poches, ses talons rythmant son passage, une voiture passe, et puis à nouveau le silence, moi-même pensant, le piano entammant son solo mélancolique, et puis le saxophone revient, cet ami toujours compatissant..
Je me vois en demi reflet dans la vitre. Les lumières scintillantes me rappelant cette vie au dehors, et ce vide ici à l'interieur, un garçon qui rêve de voyages et d'évasions, du monde, d'ailleurs... L'ombre ne lui fait pas peur, non, c'est plutôt l'ombre qu'il a su apprivoiser, une apparente banalité qui le protège et le met à l'abris de la lumière, une étrange légèreté qui passe pour du superficiel, et pourtant... une exaltation qui se sera jamais entière, quelque chose qui empêchera toujours d'être M. Tout-le-monde. Je ne peux pas être ce que je voudrais être. Bien-sûr je peux m'offrir un droit, mais je n'aurai pas l'égalité. Une autre voiture passe et me rappelle où je suis... oui c'est bien la réalité.
Allez petit garçon, ferme les yeux, respire pronfondément, et renferme toi encore pour ce soir dans ce monde imaginaire que tu affectionne tellement... Cette bulle où tes idéaux sont encore vrais, où tes rêves ont encore une chance, où tes sens ne te trahissent pas, et où tu peux penser à l'avenir avec le sourir aux lèvres... vole vers le pays lointain mon ange, vole, mais sourtout, n'ai pas peur de la lumière de demain...







